Billet d’ (mauvaise) humeur ! A Bergerac, le vélo passe la marche arrière !

Billet d’ (mauvaise) humeur !

A Bergerac, le vélo passe la marche arrière !

 

Ce 10 juin, c’est l’inauguration de la réouverture de la rue Clémenceau, sur la rive Gauche de Bergerac, après une importante rénovation.

Cette rue en avait grand besoin, notamment la bande cyclable, tant elle était en mauvaise état, tant les trottoirs étaient inconfortables et ne répondaient pas aux normes d’accessibilité.

Hors, quelle surprise de voir que le choix qui a finalement été opéré est celui de ne pas respecter la loi !
Depuis 1996, la loi dite LAURE (Loi sur Air et l’Utilisation Rationnelle de l’Energie), stipule que « A l’occasion des réalisations ou des rénovations des voies urbaines, à l’exception des autoroutes et voies rapides, doivent être mis au point des itinéraires cyclables pourvus d’aménagements sous forme de pistes, marquages au sol ou couloirs indépendants, en fonction des besoins et contraintes de la circulation. »

Ancien Conseiller Municipal en charge des aménagements cyclables (2008-2012), je connais les difficultés à faire prendre en compte ce type d’aménagement à l’occasion des travaux, je sais combien il y a toujours une bonne raison pour ne pas les entreprendre.
Mais je sais qu’à chaque fois, c’est possible, comme le prouve « mon bilan » : création des sas-vélo aux feux de circulation, du premier contresens cyclable, initiateur des zones 20 à Bergerac, création des stationnements vélo, quadruplement des aménagements cyclables…

En matière d’aménagements routiers en zone urbaine, il n’existe que 2 obligations : l’aménagement cyclable à l’occasion de ces rénovations ou de ces réalisations de voieries, et l’accessibilité des personnes en situation de handicap.

Une fois de plus, il a été décidé de s’affranchir de la loi en la matière à Bergerac. Pourtant, n’importe quelle association d’usagers ou n’importe quel usager pourrait saisir la justice pour obtenir une mise en conformité. Pourtant, en cas d’accident de cycliste, la responsabilité de la ville serait engagée, et c’est même la responsabilité pénale personnelle du maire qui pourrait être mise en cause. Pourtant, c’est bien d’une ville où chacun à sa juste place, piétons, cyclistes, auto que les habitants souhaitent. Pourtant, la COP 21 nous indique la voie à suivre, celui d’une réduction des gaz à effet de serre, notamment issus des déplacements motorisés.

Cette décision, ajoutée à la quasi suppression des dessertes de bus urbains en journée, montre que les transports durables à Bergerac ont… enclenché la marche arrière !

Invité à cette inauguration, à voir couper le ruban de ce projet qui méconnait la loi, je n’irai pas.

Lionel Frel,
Conseiller régional,
ancien conseiller municipal en charge des aménagements cyclables

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