Liberté, Égalité, Fraternité : La triple faute de François Hollande

Liberté, Égalité, Fraternité : La triple faute de François Hollande

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La réponse ultra sécuritaire de François Hollande, de Manuel Valls et de quelques autres, aux terribles attentats qui ont frappés notre société n’est pas la bonne : déchéance de nationalité, allongement sans fin de l’État d’Urgence, renforcement des pouvoirs policiers et préfectoraux aux détriments de ceux des juges d’instruction…

Ce n’est pas une bonne réponse,
elle est inutile,
elle est contreproductive,
et elle est surtout attentatoire à nos valeurs car elle mine les fondements de notre République.

En 1789, nos glorieux Aïeux ne s’y sont pas trompés en proclamant ce qui deviendra notre Devise Nationale :

 Liberté, Égalité, Fraternité !

 Liberté,

liberté bafouée
par cette réponse sécuritaire, par cette inversion du principe posé pendant la Révolution, celui de la séparation des Pouvoirs : en renforçant les pouvoirs policiers, préfectoraux et du Parquet (non indépendant du Pouvoir Exécutif) au détriment de celui des juges d’instruction, nous nous éloignons de cette nécessité de contrôler ce qui pourrait être arbitraire, les forces de polices, renforcées actuellement par les forces militaires à qui on n’hésite même plus à confier des tâches de police. Regardons simplement les erreurs, les abus, commis pendant cet état d’urgence qui s’éternise : interdiction de manifester (mais maintien des événements commerciaux ou sportifs), perquisitions aléatoires, assignation à résidence de militants écologistes, contrôles excessifs…

 Égalité,

Égalité outragée
par cette proposition de Constitutionnaliser la déchéance de nationalité pour nos concitoyens bi-nationaux, c’est à dire de rendre Fondamental ce principe. Étymologiquement, La Constitution, est fonder sur Cum (Ensemble) et Statuere (établir).  C’est le texte qui « établit ensemble », qui permet de « Vivre Ensemble ».

Les Révolutionnaires ont voulu que l’article 1 de la Constitution de la République soit le suivant : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. » 

L’article premier de la Constitution actuellement en vigueur précise que « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. »

En voulant faire entrer dans la Constitution cette mesure inefficace et inutile, François Hollande revient sur ce principe fondamental voulu constamment par ceux qui ont eu en charge les affaires de la République Française.

 Fraternité,

Fraternité oubliée,

Cette notion de Fraternité est d’ordre morale : c’est la Fraternité de ceux qui prête le Serment du Jeu de Paume, des frères d’armes de la Révolution, français et étrangers (déjà). C’est aussi une valeur portée par la plupart des religions. C’est aussi au nom de ce principe que la Constitution de l’An 3 appelle chacun à la responsabilité vis-à-vis d’autrui en appelant à faire « constamment aux autres le bien que vous voudriez en recevoir » !

La Fraternité des Révolutionnaires de la Première Heure, français et étrangers, la Fraternité des religions, la Fraternité de « responsabilité » sont le ciment de notre société du Vivre Ensemble.

En promouvant éhontément la déchéance de nationalité, François Hollande fait aussi fi de cette notion. Il pointe sur tous nos concitoyens binationaux une marque Infâme. Sont-ils des citoyens de seconde zone ? Font-ils partie d’une 5ème colonne ?

Est-il bien nécessaire de donner à ceux qui attaquent notre société, notre pays, ce qu’il cherche d’abord : diviser notre pays, essayer d’animer une certaine forme de communautarisme favorisant le repli sur soi, la peur de l’autre et au final la haine des uns et le ressentiment des autres ?

Et pourtant,

combien sont-ils ces binationaux, ces étrangers qui ont pris part à la défense de notre pays, de sa Liberté, de ses valeurs ? Combien sont-ils depuis ceux qui étaient aux côtés des 1ers Révolutionnaires jusqu’à ceux qui ont participé à la résistance au sein par exemple des F.T.P.-M.O.I., du groupe Manouchian, de la brigade Carmagnole-Liberté ?

Combien sont-ils tous ces binationaux ou ces étrangers, artistes, écrivains, penseurs, chercheurs… qui, de tous temps, ont enrichi de leur création, de leur recherche, notre pays, leur pays, la France ?

Toutes, tous,

à un moment,

ont aussi proclamé notre très belle devise :

Liberté, Égalité, Fraternité !

 

Lionel Frel

Janvier 2015

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